Centre Entraînement Close-Combat

Centre d'Entraînement au Close-Combat

Bien conduire sa raison

Frans_Hals_-_Portret_van_René_Descartes

Partir de l’émotionnel pour aller vers le rationnel, telle est la gageure du combattant d’aujourd’hui. Tableau ci-dessus: portrait du grand défenseur de la Raison, René Descartes (par Frans Hals).

A l’heure où il ne se passe pas un mois sans qu’une nouvelle discipline de self-défense ne voie le jour, il semble de bonne logique (et pour le moins salutaire) de revenir aux fondements du combat corps-à-corps. En effet, les profanes, les élèves de sports de combats, ceux soucieux d’apprendre à se défendre à mains nues, mais aussi les professionnels, les enseignants de sports de défense, ceux qui ont toujours eu, en eux, cette angoisse névrotique de la « dérouillée », toute cette foule-là est  à présent perdue, égarée dans cette forêt de techniques (censées) tuer ou éviter d’être tué… Sans compter les éditeurs spécialisés qui ne croient plus en rien tant il y a trop de tout pour faire un long-seller avec un guide pratique d’auto-défense.

C’est la raison pour laquelle, il importe aujourd’hui de partir de l’expérience (pour ne pas dire du « phénomène ») pour repenser un enseignement de combat à mains nues. La violence brute. Quand l’envie de frapper l’Autre prend toute la place et que notre corps ne réfléchit plus. Voilà d’où prend racine la pédagogie du close-combat en général et du Combat extrêmement rapproché (CER) en particulier: de l’émotion. Et non de la raison.  C’est donc toute la conception des arts de combats qui est à revoir, eux qui prétendent pouvoir prévoir le réel… Au contraire, rien n’est plus imprévisible que quelqu’un qui veut vous tuer ou vous blesser. Toutes ces disciplines qui font de la stratégie… Comment savoir à l’avance comment je réagirai moi-même quand on essaiera de me tuer à mains nues? 

Inévitablement, on pense à la célèbre diaphore de Pascal (« Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point. »). Mais c’est plutôt à Descartes que le pratiquant de close-combat d’aujourd’hui se référera. Car son objectif est bien de partir d’une situation émotionnelle (par nature désordonnée, où il est envahi entre autres par l’adrénaline) pour aller vers une démarche rationnelle (où chacun de ses gestes doivent assurer sa survie). Pour le dire comme l’auteur du Discours de la méthode, bien conduire sa raison… Ou encore, revenir peu à peu à la raison, quand cette pulsion est là, que l’on est pour ainsi dire débranché (l’anglais est plus explicite avec son verbe to switch) et que, telles des bêtes féroces, on est à une distance extrêmement rapprochée, celle où l’on peut humer l’odeur de la nuque ennemie…

 

Related posts

Les commentaires sont actuellement fermés.

Top