Centre Entraînement Close-Combat

Centre d'Entraînement au Close-Combat

« Telle était la formule préférée de ce petit Sergent gallois… »

John le Carré, né David John Moore Cornwell, ancien du MI-5 et MI-6.

John le Carré, né David John Moore Cornwell, ancien du MI-5 et MI-6.

En 1963, en pleine guerre froide,  David John Moore Cornwell, ancien du MI-5 et MI-6, publie sous le pseudonyme de « John Le Carré » The Spy who Came in from the Cold (L’Espion qui venait du froid). Dans ce roman, devenu dès sa parution un best-seller, l’auteur livre une vision sans complaisance des unités spécialisées : il y met en scène Alec Leamas, chef du réseau britannique d’espionnage à Berlin Ouest, qui passe à l’Est et va de désillusion en désillusion. On est frappé par la réalisme des descriptions du narrateur omniscient, comme cette scène de close-combat que John Le Carré insère dans le récit peu après l’arrestation de son héros par la Stasi…

    Il avait des allumettes dans sa poche, mais ne s’en servit pas. Vivement, il fit un pas de côté, s’adossa contre le mur et s’immobilisa. Une seule explication était possible : on attendait qu’il passe de la chambre des gardes dans la sienne. Il prit donc le parti de rester où il était. Au bout d’un instant, un bruit de pas se fit entendre dans le pavillon. Quelqu’un tourna la poignée de la porte qui venait de se fermer et la verrouilla à double tour. Leamas ne bougeait pas. Pas encore. Inutile de se bercer d’illusions : il était prisonnier dans la cabane. Avec une extrême lenteur, il s’accroupit et plongea la main dans la poche de sa veste. Il était très calme et même soulagé à l’idée d’une bagarre en perspective, mais les souvenirs affluaient à son esprit : « On dispose toujours d’une arme quelconque… Un cendrier… des pièces de monnaie… un stylo… n’importe quoi de tranchant ou de pointu… » « Telle était la formule préférée de ce petit sergent gallois qu’il avait connu dans cette maison d’Oxford pendant la guerre : « Ne jamais se servir des deux mains à la fois, surtout contre un homme armé d’un couteau ou d’un bâton ou d’un pistolet. Garder le bras gauche libre et le tenir en travers du ventre. Si on n’a rien pour cogner, mieux vaut tenir les mains ouvertes, les doigts écartés et les pouces raides. » Prenant la boîte d’allumettes de la main droite, il l’écrasa en laissant dépasser les éclats de bois entre ses jointures, puis il se glissa le long du mur jusqu’à une chaise qu’il savait trouver dans un coin. Indifférent maintenant au bruit qu’il faisait, il la poussa au milieu de la pièce et, en comptant ses « pas, revint se poster à l’angle des deux murs. Alors, sous une violente poussée, la porte de sa chambre s’ouvrit. Il s’efforça en vain de distinguer la silhouette qui devait se tenir sur le seuil, mais il n’y avait pas non plus de lumière chez lui. L’obscurité était totale. Il n’osait pas s’avancer pour attaquer, maintenant que la chaise était au centre de la pièce, mais il en connaissait la position, ce qui lui conférait une supériorité tactique. Il fallait que l’ennemi vienne à lui. Il ne pouvait pas se permettre d’attendre trop longtemps, sinon un acolyte quelconque dans le pavillon, actionnant le commutateur général, allumerait tout. »

Tags: , , ,

Related posts

Les commentaires sont actuellement fermés.

Top