Centre Entraînement Close-Combat

Centre d'Entraînement au Close-Combat

Master class de Philippe CHOISY

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Le vendredi 3 février 2017, à la faveur de sa séance hebdomadaire de la « classe de maître », le Centre d’entraînement au close-combat de l’Union des Sociétés d’Education Physique et de Préparation Militaire recevra le fondateur de l’école d’arts martiaux Schola Martis, M. Phlippe Choisy. Rencontre avec celui qui est le porte-drapeau du pugilat antique et des formes de combat de nos aïeux.

Vous êtes l’un des prochains intervenants extérieurs à vous prêter à l’exercice de la « classe de maître ». Dans quel état d’esprit abordez-vous cette intervention au sein du Centre d’entraînement de close-combat ?

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Philippe Choisy (à gauche), en pleine démonstration lors d’une séance « objets usuels » à l’Union des Sociétés d’Education Physique et de Préparation Militaire (USEPPM).

Philippe Choisy: Pour tout vous dire, je suis très heureux et très fier de venir dans ces lieux parce qu’ils ont une histoire, ce qui est pour moi très important, pas seulement pour le côté historique mais aussi pour l’ambiance et la ferveur de l’équipe du Centre car j’ai eu le plaisir de venir la voir et j’ai aimé ce que j’y ai vu : que cela soit les élèves ou les encadrants, ils dégagent de bonnes vibrations, comparables à celles que j’ai connues quand j’étais plus jeune et que je rentrais dans ces salles où il y avait une odeur de volonté, de dépassement et cette envie de vaincre les autres et surtout soi-même. C’est donc un grand privilège pour mon équipe et pour moi-même d’être invité à intervenir dans le cadre d’une master class de close-combat.

Le principe de la master class de close-combat est de présenter une sélection de techniques de sa propre discipline qui correspondent à l’esprit du close-combat. Comment définir la discipline que vous enseignez ? Et qu’est-ce que représente pour vous le close-combat ?

Philippe Choisy : Je vais tenter de résumer rapidement le pugilat mode Schola Martis. Pour commencer, je travaille énormément sur la forme de corps, comme l’accroche des pieds au sol sans être pour autant immobile ou trop fixe.
Je travaille aussi sur une bonne monopolisation des articulations afin de frapper le plus fort possible sans pour autant brûler 1 000 calories par technique.
Comme pour la boxe anglaise, nous cherchons à traverser la garde de notre adversaire mais nous avons aussi la possibilité de détruire la garde car comme dit le proverbe : « Si tu n’as pas de garde trouve un bon dentiste ! »
Une autre chose importante, c’est la protection avec les coudes. Il faut que l’adversaire ait peur de nous frapper en créant une douleur sur ses mains ou, plus généralement, ses bras, grâce à une défense active avec les coudes. Ajoutons aussi qu’avec le pugilat, il y a une totale liberté des zones de frappe.
Quant à savoir comment j’appréhende le close-combat, je vous dirais que c’est une méthode de combat simple (attention pas simpliste) et efficace qui a été créée pour rendre des hommes et parfois même des femmes efficaces sans dentelles, tambours, ni trompettes. Je sais qu’aujourd’hui la méthode s’est étoffée par rapport à la Seconde Guerre mondiale mais de ce que j’ai pu voir, le fil conducteur où seule l’efficacité prime. Et ça, j’aime ! Et puis c’est un art créé dans une période trouble et je crois que lorsqu’il n’y a plus de place pour le superflu et que le paraître devient trop dangereux, les techniques et les gens se révèlent réellement, voilà ce que moi je vois en vous.

Il y a exactement trois ans, le chef de bataillon Raymond Muelle, cofondateur de la Fédération Nationale de Close-Combat, nous quittait. Mais le close-combat n’a pas pour autant disparu. Mieux encore, il semblerait que l’esprit « close-combat » ait survécu et se propage… Quelle place occupe selon vous l’entraînement au combat corps à corps dans notre société aujourd’hui ?

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Philippe Choisy, à l’instruction (module sur les armes d’opportunité).

Philippe Choisy: La place du Close-Combat dans notre société pour moi est simple, il y a trois types de personnes, les loups, les bergers, les moutons. « Choisis ton camp camarade ! » En ce qui me concerne, je suis le berger. Je ne veux et ne serai jamais le loup. Je choisis le berger car il se défend et défend son troupeau, je ne serai également jamais le mouton sacrificiel ou de Panurge.
Nous avons le devoir de prendre soin de nous et des autres qui ne peuvent pas encore (les enfants) ou plus (personnes âgées, malades, etc.) se défendre.
Nous vivons dans une société de plus en plus violente à tous les niveaux ; social, professionnel, comportemental, et je crois que de nous fortifier dans nos entraînements nous rend plus fort dans notre vie de tous les jours.
Je pense que nous allons avoir besoin dans un futur pas trop lointain de tripes en tungstène et d’un moral en titane et quoi de mieux que le close-combat et sa recherche de vérité ?

Avec le pugilat, vous prônez un retour à une forme ancestrale de combat. Est-ce à dire que nous n’avons rien appris depuis des siècles et que le boxeur des premiers Jeux Olympiques dans la Grèce du IVe siècle av. J.-C. valait largement un combattant de MMA d’aujourd’hui ?

Philippe Choisy: Je pense que nous avons perdu, oublié beaucoup de choses et après des études sérieuses comme celles de Brice Lopez, nous redécouvrons ce qu’étaient ces types de combats, et c’était (à l’époque) d’une très grande violence ; d’ailleurs, le pugilat était une épreuve reine de l’Antiquité.
Nous, Européens, avons oublié nos techniques de corps à corps, pourquoi ? C’est très simple nous avons optimisé les armes à feu (armes de plus en plus rapides et précises), alors qu’en Asie le fait de se battre à mains nues ou avec des armes blanches perdure beaucoup plus longtemps, et pour beaucoup d’entre nous, pendant des décennies, les arts martiaux, c’était forcément asiatique.
Je suis fier par ma modeste contribution de montrer que nous n’avons rien à envier aux autres cultures de la boîte à baffes.
Comme chacun le sait l’histoire est un perpétuel recommencement, alors à nous de montrer le chemin et, qui sait, dans le futur nous aurons une position moins intimiste et on pourra dire que nous avons toute notre place dans le monde des arts martiaux.

Ce n’est pas la première fois que vous intervenez au sein du Centre d’entraînement au close-combat et vous n’allez pas tarder à revenir pour présenter à ses membres d’autres formes de combat que vous enseignez. Pouvez-vous nous présenter rapidement vos autres casquettes ?

Philippe Choisy : J’enseigne également l’accrochérisme (la lutte du bout des doigts) ou comment mettre un adversaire grâce à un ou plusieurs doigts bien positionnés dans un déséquilibre qui vous permet de le projeter plus facilement. C’est aussi un style que l’on appelait le casse doigt. Je vous laisse imaginer toutes les douleurs que l’on peut faire subir.
J’enseigne la canne de défense qui est le reflet de notre pugilat mais avec main armée, et qui est une ouverture vers d’autres armes comme la matraque ou le couteau.
J’enseigne également comment se défendre avec des objets détournés (écharpe, stylo, briquet, etc.) et j’espère que dans un avenir pas trop lointain nous rajouterons le tir professionnel avec la collaboration de formateurs prestigieux tels que Yann de Special Options.

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