Centre Entraînement Close-Combat

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Hommage aux victimes du 13 novembre 2015

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Dans un texte publié ce matin par le site Internet de la Fédération Nationale de Close-Combat (et que nous reprenons ici), le Colonel (C.R.) Raymond H.A. CARTER, figure de l’anti-terrorisme de la Gendarmerie Nationale, adresse ici un hommage aux 129 personnes qui ont trouvé la mort à Paris et à Saint-Denis avant-hier soir, à la suite de l’un des attentats les plus meurtriers depuis la Seconde guerre mondiale. 

FAIRE « ŒUVRE DE VIE«  ENSEMBLE ET POUR LE BIEN DE TOUS

Figure de la lutte anti-terroriste, le Colonel Raymond CARTER, aujourd'hui retraité de la Gendarmerie Nationale est Président de l'USEPPM et Président d'Honneur de la Fédération Nationale de Close-Combat

Figure de la lutte anti-terroriste de la Gendarmerie Nationale (il a été le Commandant de la cellule anti-terroriste de l’ONU à Sarajevo), le Colonel Raymond H.A. CARTER, est le Président de l’USEPPM et Président d’Honneur de la Fédération Nationale de Close-Combat.

C’est à l’issue des attentats de Paris du 13 novembre 2015 que je prends la décision d’écrire ces quelques lignes, en hommage aux victimes des assassins, aveuglés par la haine de l’Autre, du « différent de soi », qui sont à l’origine d’un ‘carnage’ sans précédent contre une grande majorité de jeunes dans notre Capitale de Paris et de l’horreur que cette barbarie sème, où la ‘liberté’ qui leur avait été offerte leur a permis de la bafouer et violer avec la plus grande ignominie et le mépris des ‘droits de l’Homme’.

            Ces actes criminels, qui s’inscrivent dans une guerre déjà en cours depuis plusieurs années dans notre pays, devient subitement ‘visibles’ et ‘lisibles’ par les plus sceptiques ; et ne nous faut-il pas continuer de nous former et entraîner pour y mieux faire face afin de défendre notre pays, nos proches et nos amis en vue d’anticiper au mieux et dans la plus légitime légalité sur les menaces et conséquences de ces crimes?

             Nous n’avons jamais autant parlé de paix aujourd’hui et il n’y a jamais eu autant de conflits à travers le monde ; et les nombreuses ‘missions de paix’ n’ont malheureusement pas toujours atteint le but d’y mettre un terme, malgré certains sacrifices en vies humaines chez ces ‘volontaires de la paix’, dont de nombreux gendarmes, policiers, sapeurs-pompiers, douaniers et militaires, le plus souvent.

            Malgré l’avancée de la ‘modernisation’, le monde recule et revient vers un Moyen-âge abstrus, sans âme, où l’idée de l’Autre prend une place secondaire par rapport à un ‘moi’ aveuglant et aveuglé d’égoïsme, trop souvent inconscient avec, en corolaire, une ‘irresponsabilité’ de plus en plus marquée chez les ‘responsables’ ou jugés comme ‘tels’, qui n’ont de leurs rôles que l’attrait de l’intérêt personnel, trop souvent, ici encore. 

            « Il y a une chose qui ne peut pas durer : l’irresponsabilité de l’intelligence. Ou bien elle cessera, ou bien la civilisation occidentale cessera » dira un jour le grand Homme d’Etat français, le Général Charles DE GAULLE, comme nous le rapporte André MALRAUX dans son ouvrage « Les chênes qu’on abat … » chez Gallimard en 1971. N’y sommes nous pas !?

            N’avançons-nous pas inexorablement dans une société qui se veut plus de ‘droit’ que de ‘justice’ !? Le droit, aujourd’hui, ne dessert-il pas plus la justice et surtout la ‘justice sociale’ que le reste parce qu’on l’a manipulé pour le rendre ‘injuste’, ainsi que le prouveraient de nombreuses décisions de ‘justice’ ? Et ce constat au niveau national connaît un écho identique au niveau international.

             Comme je l’indiquais dans mon ouvrage sur « Le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie » chez l’Harmattan (2005) préfacé par Jean PRADEL, trop souvent, « La justice internationale s’arrête où commence la politique internationale » ; et ce constat vaut aussi dans la lutte contre le terrorisme international dont les œuvres ont dorénavant franchi la frontière de notre nation, symbole de ‘terre d’accueil’. 

            Aujourd’hui, notre ‘droit’ ne permet-il pas la multiplication des ‘zones de non droit’ au nom d’une ‘liberté tous azimuts’ ? Mais que dire des ‘zones de non devoir’, de plus en plus nombreuses dans notre société, que ce soit chez des politiciens, des premiers magistrats des villes, des fonctionnaires et bien d’autres quidams en proie à un aveuglement qui se ‘collectivise’ impitoyablement au grand dam du ‘respect de l’Autre’ !?

            N’est-il pas temps de rééquilibrer les ‘devoirs’ avec les ‘droits’ dans notre société qui ne peut survivre que s’ils sont respectés de part et d’autre, entre citoyens authentiques et ‘volontaires’ pour mieux partager le quotidien de leur vie dans un équilibre qui se devrait être inaliénable ? Chacun doit servir l’autre : le devoir, le droit et le droit, le devoir. Jean PIAGET ne rappelle-t-il pas que « Le bonheur est dans l’équilibre »?

            Ne sommes nous pas appelés à être ‘responsable’, notamment au niveau de notre ‘liberté’, de ‘nos libertés’ et de leurs conséquences !? « Tout m’est permis mais tout ne m’est pas utile, toute m’est permis mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit » nous rapporte l’apôtre Paul (1 corinthiens 6 :12). Et n’est-ce pas à cela que nous conduit une pleine prise de conscience de notre responsabilité d’Homme et citoyen ?

            La ‘politique de l’autruche’, sans égard pour ce sympathique animal, nous rapproche de plus en plus d’un chaos social où les points de repères disparaissent inexorablement face à une ‘décadence’ liée à une irresponsabilité collective veule, souvent inconsciente, comme le prouvent les mouvements humains dans certains secteurs, comme le métro, où l’on regarde l’Autre sans le voir, l’écoute sans l’entendre. 

            Le ‘formatage’ que nous impose de plus en plus nos médias dans un pays où l’on nous parle de plus en plus de ‘communication’ et où l’on communique de moins en moins au sens noble du terme, ne constitue-t-il pas un danger pour l’avenir de notre Nation et de ceux qui l’ont choisie en toute connaissance de cause ? ‘L’ouverture d’esprit’ ne laisse-t-elle pas place à une ‘fermeture des esprits’ avec ses conséquences tragiques ?

            La ‘surinformation’ n’entraîne-t-elle pas la ‘désinformation’ quelque part ? Trop d’information, plus d’information ; et des ‘malformations’ ne s’ensuivent-elles pas ? Le ‘libre arbitre’ ne se fait-il pas de moins en moins libre et l’arbitrage ne laisse-t-il place à l’arbitraire, impitoyable adversaire de l’esprit de l’Homme, pour l’entraîner dans des ‘schémas’ qui relèvent de plus en plus de la ‘caricature’ que toute autre chose?

            Alors, n’est-il pas temps que l’on ne confonde plus ‘gentillesse et faiblesse’ ? La fermeté a aussi ses lettres de noblesse, tout comme le courage et la détermination. Ne devons-nous pas ‘monter à la source’ des problèmes afin de les mieux sérier et soigner pour le bien de tous, à commencer par nos plus jeunes, de plus en plus exposés et frappés par des maux que les mots ne parviennent plus à traiter pour le bien de tous? 

            La ‘défense verbale’ et la ‘Communication Psychotactique’, développées, tout comme les ‘techniques de survie en ville et en campagne’, objets de deux de mes livres, peuvent constituer une ‘thérapie’ noble et constructive pour permettre à tout un chacun de se situer personnellement afin de mieux voir et connaître l’Autre, le respecter et l’aider à comprendre que nous devons éveiller une  ‘vigilance’ pour le bien de tous.

             Cette ‘vigilance collective’, vitale et incontournable pour le respect de la vie, qui reconnaît l’Autre, doit être érigée, acceptée et développée à travers des rencontres et pratiques en commun et surtout se pratiquer ‘au présent’, ‘ici et maintenant’ (Hic & Nunc) afin de mieux faire face et affronter ce que la Morale sociale rejette, à commencer par le mépris de l’Autre, sa ‘négation’, sa ‘suppression par violence. 

            Ce n’est pas en désarmant les ‘tireurs francs’ des fédérations sportives que nous viendront à bout des ‘francs-tireurs’ de la République, de la démocratie, du respect de l’Homme et de ses droits : des criminels terroristes ; et il faut le faire savoir : l’arme est moins dangereuse que celui qui est derrière ; et le ‘résistant de la liberté démocratique’ saura en faire bonne usage pour l’intérêt de tous, de son pays. 

            Ne nous faut-il pas apprendre à ‘combattre’ avec noblesse, dignité et droiture pour œuvrer positivement pour notre Nation, notre Patrie et ceux qui ‘l’épouse’, quels qu’ils soient ? Les voies de « l’Art Martial » ne nous permettent-elles pas de mieux l’envisager dans le respect de l’Autre afin qu’il découvre que la ‘violence’ a ses limites et qu’il nous faut la contrecarrer de toutes les façons pour le bien de tous ?

            Aussi, ne devons-nous pas nous éduquer positivement’ dans le souci des ‘droits’ de l’Autre à travers le ‘devoir’ de chacun pour la construction d’un futur où chacun a sa place ? Nous devons apprendre à mieux nous ‘combattre nous-même’ pour le bien d’Autrui, et combattre ‘Autrui’ de manière ultime lorsqu’il ne nous laisse pas d’autre possibilité qu’une action à la fois en ‘défense légitime’ et en ‘légitime défense’.

            Le respect de l’Autre commence par le ‘respect de soi’, en conformité avec les valeurs, les fondements, les lois et la ‘force vive’ de notre société. Le respect de l’autorité dans sa ‘bonne gouvernance’ permet de comprendre et d’accepter les ‘contrôles de police’ faits pour notre bien et non contre nous ; et cette connaissance et cette acceptation engage notre responsabilité à tous les niveaux, personnel, famille et social. 

            Nous devons apprendre, réapprendre à connaître ceux qui nous protègent, les gendarmes, les policiers, les sapeurs-pompiers et les douaniers qui œuvrent sans relâche pour protéger nos libertés, nos vies, et les laisser agir en toutes zones de notre ‘Sol de France’, ainsi que nos magistrats, en leur rendant leurs ‘prérogatives’ légales et pratiques afin de mieux combattre le terrorisme et ses criminels, quels qu’ils soient. 

            Ce sont les jeunes qui sont majoritairement victimes de ces attentats, notamment au ‘Bataclan’, et il faut aussi le prendre en compte ; réunis autour de la ‘musique’, ils ont été victimes des ‘fausses notes’ de certains ‘responsables politiques’ qui n’ont pas ‘anticipé’ comme cela doit se faire en ‘combat’ ; « commander, c’est prévoir », sinon l’imprévisible règne et peut s’abattre aveuglément sur tout un chacun. 

            Et c’est parce que nous nous intéressons à la ‘Jeunesse’, avenir de notre pays, et aux ‘jeunes’ de quelle qu’origine que ce soit, que nous mettons en place plusieurs activités au sein de notre Association l’U.S.E.P.P.M. pour les rassembler et les réunir afin de mieux se connaître et se reconnaître, se respecter et respecter l’Autre, et ce notamment à travers un lien ‘armée-nation’ où l’on apprend à connaître, respecter et construire ensemble la Nation afin de la rendre plus forte, viable et pérenne.

            Aussi, chacune et chacun est invité à nous y rejoindre pour faire œuvre de construction et de paix autour de nos différences, pour développer et construire ensemble pour l’avenir, pour une meilleure défense personnelle’, une ‘défense’ tant ‘verbale’ que ‘physique’, une connaissance et un respect de ce qui nous entoure à commencer par la Nature et tout ce qu’elle nous amène au quotidien. 

            Le rassemblement communautaire de notre pays se fera par des actions et des œuvres plus que par des discours ; et c’est aux jeunes qui y vivent à prendre le flambeau pour sa construction pour le bien de tous. Comme je l’ai écrit, « il n’y a pas d’Homme fort, mais que des Hommes entraînés ». Lançons-nous donc ensemble pour faire et pratiquer la communication ‘vraie et profonde’ entre nos différences et nous ferons œuvre de vie. 

            Il est tant que le ‘courage’ retrouve ses ‘lettres de noblesse’ et reprenne la place de la ‘lâcheté’ engendrée par « l’irresponsabilité de l’intelligence » évoquée supra et l’indifférence qu’elle sème et ‘engendre’ autour d’elle afin que chacune et chacun fasse ce que son ‘devoir’ l’appelle à réaliser pour renforcer les ‘droits’ de chacun dans le respect de l’Autre, de sa liberté et de ce que doit être sa vie pour l’avenir de la France.

            Et par respect envers nos disparus et leur mémoire, assassinés ce 13 novembre  dans la Capitale de notre pays, nous voulons continuer avec détermination et opiniâtreté à aller de l’avant, ensemble, comme ce fut le cas avec le concert « Ensemble ! » que nous avons initié à Baden-Baden au profit des veuves, veufs, orphelins et handicapés de la gendarmerie et de la police française et allemande le 20 septembre dernier.

            Nous vous lançons cette invitation afin de relever le défit du ‘possible pour vivre ensemble’ en instaurant une ‘vigilance collective’ au niveau national, dans le respect de tout un chacun et pour le bien de tous, à travers diverses activités où nous pourrons échanger, partager et construire avec nos différences, en dehors de toute ‘indifférence’ qui nous éloigne de plus en plus d’un épanouissement collectif et durable. 

                                                Dr. Raymond H. A. CARTER 

                                                Président de l’U.S.E.P.P.M.

                                                Le 14 novembre 2015

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