Centre Entraînement Close-Combat

Centre d'Entraînement au Close-Combat

Moitié Cerdan, moitié de Gaulle…

Si dans La Chute (publiée en mai 1956 par Albert Camus), l’élève de close-combat trouvera de nombreux sujets de réflexions sur sa pratique, c’est surtout dans ce passage (situé dans la troisième journée de confession du narrateur) qu’il pourra en tirer un enseignement concret: éviter la vanité. Ou plus simplement, ne pas se laisser aveugler par le désir de domination, le talon d’Achille du combattant.

« Où en étais-je ? Ah ! oui, l’honneur ! Eh bien, quand je retrouvai le marcel-cerdanDe-gaulle-radiosouvenir de cette aventure, je compris ce qu’elle signifiait. En somme, mon rêve n’avait pas résisté à l’épreuve des faits. J’avais rêvé, cela était clair maintenant, d’être un homme complet, qui se serait fait respecter dans sa personne comme dans son métier. Moitié Cerdan, moitié de Gaulle, si vous voulez. Bref, je voulais dominer en toutes choses. C’est pourquoi je prenais des airs, je mettais mes coquetteries à montrer mon habileté physique plutôt que mes dons intellectuels. Mais, après avoir été frappé en public sans réagir, il ne m’était plus possible de caresser cette belle image de moi-même. Si j’avais été l’ami de la vérité et de l’intelligence que je prétendais être, que m’eût fait cette aventure déjà oubliée de ceux qui en avaient été les spectateurs ? À peine me serais-je accusé de m’être fâché pour rien, et aussi, étant fâché, de n’avoir pas su faire face aux conséquences de ma colère, faute de présence d’esprit. Au lieu de cela, je brûlais de prendre ma revanche, de frapper et de vaincre. Comme si mon véritable désir n’était pas d’être la créature la plus intelligente ou la plus généreuse de la terre, mais seulement de battre qui je voudrais, d’être le plus fort enfin, et de la façon la plus élémentaire. La vérité est que tout homme intelligent, vous le savez bien, rêve d’être un gangster et de régner sur la société par la seule violence. Comme ce n’est pas aussi facile que peut le faire croire la lecture des romans spécialisés, on s’en remet généralement à la politique et l’on court au parti le plus cruel. Qu’importe, n’est-ce pas, d’humilier son esprit si l’on arrive par là à dominer tout le monde ? Je découvrais en moi de doux rêves d’oppression. »

Related posts

Les commentaires sont actuellement fermés.

Top